L’amour déclare la guerre à la religion – première partie d’une série sur l’évangile de Luc chapitre 15

Par: Peter Youngren
De: May-June 2011
Trouvé dans: L’Evangile de la grâce
La relation des pharisiens avec Dieu était basée sur un contrat religieux qui disait ce qu’ils avaient le droit de faire et ce qu’ils n’avaient pas le droit de faire. Et les pharisiens étaient fiers de leur soi-disante abilité à pouvoir garder ce contrat. Dans Luc chapitre 15 Jésus montre que les pharisiens n’avaient pas du tout compris Dieu.

Le chapitre 15 de Luc est le chapitre où l’amour déclare la guerre contre une religion que se jutisfie par elle-même. Les paraboles bien connues du bon berger, de la femme qui a perdu un drachme et du père et de ses deux fils sont la réponse de Jésus aux attaques faites par les pharisiens indignés. Nous lisons : « Et tous les publicains et les pécheurs s’approchaient de lui pour l’entendre. Et les pharisiens et les scribes murmuraient, disant : Celui-ci reҫoit des pécheurs, et mange avec eux. » (Luc 15 :1-2)

Le verset 2 résume tout l’évangile : Dieu reҫoit les pécheurs et mangent avec eux. Ceci est un message fantastique que l’on entend malheureusement très rarement.

« Les pécheurs» étaient ceux qui ne vivaient pas selon les règles enseignées dans la synagogue. Les collecteurs d’impôts étaient pires que les pécheurs réguliers, ils étaient rejetés par les pharisiens et méprisés par la population en général. Ils étaient des juifs employés par les romains dans le but de lever les impôts – des citoyens juifs riches qui volaient l’argent d’autres juifs sans être responsables de leurs activités criminelles. Ils étaient « l’écume » de la société, haïs à un degré qu’il nous ait impossible de penser aujourd’hui. Les zélotes qui formaient un groupe d’hommes très religieux considéraient le meurtre d’un collecteur d’impôts comme un acte de louanges.

Jésus était en compagnie de pécheurs et de collecteurs d’impôts pour montrer l’essence de Son ministère : « de chercher et de sauver ce qui est perdu »

Ici nous voyons Jésus mangeant avec les personnes les plus méprisées de la société. Manger avec quelqu’un était une autre activité que de nos jours – pas un repas fait en toute vistesse ou juste une tasse de café. Non, selon la coutume du Moyen-Orient, un repas était une manière d’avoir un bon moment avec quelqu’un, une manière de montrer son acceptation et d’être solidaire, de montrer son amitié. La traduction des deux premiers versets de Luc chapitre 15 dans la bible amplifiée est : « Maintenant les collecteurs d’impôts et les pécheurs notoires et particulièrement mauvais s’approchaient tous de Lui pour l’entendre.  Et les pharisiens et les scribes, indignés,  murmuraient et se complaignaient, disant : Cet homme accepte et reҫoit et accueille des pécheurs reconnus comme mauvais et mangent avec eux. » (Luc 15 :1-2 bible amplifiée)

Pourquoi Jésus est-il en compagnie de pécheurs et de collecteurs d’impôts ? Nous pourrions en conclure que Jésus n’avait pas assez de sagesse pour comprendre qu’une telle compagnie aurait une influence négative pour Son ministère. Mais au contraire, nous voyons que Jésus était plein de sagesse quand il était en compagnie des pécheurs et des collecteurs d’impôts. Cette compagnie montrait clairement ce qui était Son ministère : « chercher et sauver ce qui était perdu ».

Guerre contre la religiosité

Les paraboles du bon berger qui cherche la brebis perdue,  de la femme qui retrouve sa pièce d’argent et du père qui accueille son fils perdu sont la réponse de Jésus aux questions posées par les pharisiens: c’est une déclaration de guerre contre tout ce que l’on peut décrire comme religiosité. Jésus et les pharisiens étaient en collision quant à leur compréhension respective de Dieu.

Jésus et les pharisiens étaient en collision quant à leur compréhension respective de Dieu.

A travers Jésus, nous voyons la révélation du coeur de Dieu. « Personne ne vit jamais Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître » (Jean 1 :18). Le contraste est aussi tranchant qu’une lame de rasoir bien aiguisée: Jésus versus les pharisiens, le coeur de Dieu contre le modèle de pensée religieux.

Pour mieux comprendre le message de Jésus, nous devons tout d’abord connaître les pharisiens. Ils formaient un mouvement spirituel basé sur les Ecritures : La torah, les psaumes et les prophètes. Ils se considéraient comme les représentants de la volonté de Dieu sur terre. Jésus aurait pu être né quelques décennies auparavant, mais alors les pharisiens n’en étaient qu’au commencement de leur mouvement. Dieu fit attention à ce que Jésus vint quand ce mouvement spirituel était à son sommet. Il semble que ce fut l’intention de Dieu de confronter les attitudes phariséennes par l’évangile de grâce.  Les pharisiens ne connaissaient qu’un Dieu exigeant et Jésus vint pour leur montrer un Dieu qui est amour, et ceci jusque dans la mort.

Les pharisiens ne connaissaient qu’un Dieu exigeant et Jésus vint pour leur montrer un Dieu qui est amour, et ceci jusque dans la mort.

La référence de Jésus au sein du Père renvoie au commencement des temps quand Jésus partageait la joie et l’amour du Père dans l’Esprit Saint. Les pères de l’Eglise appelaient ce temps comme « perichoresis », traduit par cercle ou danse d’amour où Dieu le Père, le Fils et l’Esprit Saint vivaient dans un amour mutuel éternel. Dieu est amour et a toujours été trouvé dans cet amour.

Dieu ne créa pas les êtres humains parce qu’Il était seul, mais afin que cette communion d’amour puisse être partagée avec les hommes. Avec Adam les êtres humains se retirèrent de cette communion, mais avec le Christ nous sommes remis en contact avec elle.

L’attitude de Jésus dans Luc 15 nous montre l’amour du Père envers les pécheurs, et cette attitude était aussi une offensive contre tout ce que les pharisiens considéraient comme sacré et saint. Comment le Messie pouvait-il avoir une relation avec les pécheurs ? Dieu est après tout saint et n’a rien à voir avec les pécheurs, c’est comme cela que les pharisiens pensaient, et c’est comme cela que beaucoup pensent encore de nos jours.

Contrat ou alliance?

Pour les pharisiens, leur relation avec Dieu était basée sur un contrat religieux de ce qui pouvait se faire et ce qui ne pouvait pas se faire ; et cela semble aussi vrai pour beaucoup de personnes aujourd’hui.

Un contrat est un accord entre deux ou plusieurs personnes qui s’engagent à vivre selon certaines obligations. Un contrat n’a rien à voir avec de l’amour ou de la confiance, mais il en indique au contraire l’opposé : les possibilités de faire paraître l’un des contracteurs devant la justice. Les pharisiens étaient fiers de leur habileté à tenir le contrat religieux mieux que les autres. Leur vie était une performance de mérites spirituels et leur joie était d’être meilleurs que les autres. Ils se sentaient à un niveau plus haut que les pécheurs et les collecteurs d’impôts. Voilà ce qu’est une vie basée sur une religion.

Luc 15 révèle l’alliance d’amour: l’amour que Dieu nous donne librement et gratuitement.

Le contract religieux devient un miroir à travers lequel nous nous voyons nous-mêmes et les autres. Dans l’historie du pharisien qui priait devant le temple, nous pouvons lire qu’il priait « en lui-même ». Même sa prière était devenue une sorte de représentation théâtrale ; un miroir par lequel il montrait son abilité et la comparait à celle des autres moins « saints » que lui.

Luc 15 révèle l’alliance d’amour: l’amour que Dieu nous donne librement et gratuitement. Dieu est le Dieu de l’alliance et Son alliance est toujours unie aux personnes telles que Abraham, Isaac et Jacob – des individus faibles et fauteux invités dans l’alliance d’amour de Dieu malgré leurs imperfections.  Dans le Christ nous devenons les enfants d’Abraham, gracieusement étreints dans la dance d’amour.

Par: Peter Youngren

As founder of World Impact Ministries, Celebration Bible College, Way of Peace and the Celebration Churches in Toronto, Hamilton and Niagara, Canada, Peter is committed to equipping believers to fulfill their purpose before the return of Jesus Christ.

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